Voiliers du monde
Gabare

- n.f. - orth. gabarre - étymol. Du grec "karabos", bateau, du gascon "gabarra" (1338) – trad. scow, lighter (gb), kôbar, gôbar (bas-breton), gabara

(ital.), gabbarus (bas-latin), gabarra (gascon), gabara (gr.).

1.

 La gabare est un type de bateau générique qui se caractérise par sa destination : le chargement et le déchargement des navires dans le

port, et par les formes qui en découlent : larges, robustes et à faible tirant d'eau. Il s'agissait donc d'une  embarcation de charge à voile,

construite en bois, encore en usage au début du siècle en Iroise et à Bordeaux. La gabare standard était un bateau à fond plat, pontée avec

des panneaux. Son mât unique supporte une basse voile, son tirant d'eau en charge ne dépasse

pas huit pieds. (Bourdé)

2.

Dès le début du 14e siècle, la Royale utilisait des gabares pouvant atteindre 300 tx avec un

tirant d'eau faible et armées de canons. Plus tard, certaines gabares militaires de 500 tx à trois-

mâts eurent un armement de 20 canons (caronades de 18 et canons de 12 courts) pour un

équipage complet de 98 hommes (88 en temps de paix). La Royale utilisait aussi des petites

gabares à deux mâts, avec gréement de galiote, pour le service des ports. Elles étaient alors

souvent appelées gabarot.

(Buisson, Duron)

      

gabare militaire en 1840

3.

 Il convient de mentionner à part, les gabares de Gironde qui assuraient avec les filadières et

les coureaux le trafic

entre le fleuve et la mer. Cette utilisation fit évoluer la forme du

navire pour qu'il s'adapte aux conditions de navigation, ce qui le

rend si caractéristique. Ainsi, la quille est plus basse à l'avant

qu'à l'arrière.

De même, la voilure a évolué, d'une grande misaine aux 17e et

18e siècle vers l'adjonction d'une voile d'avant et d'un foc, le mât

étant implanté sur l'avant, penché plus ou moins sur l'arrière et

basculable pour passer sous les ponts (les dernières gabares

auront en fait un gréement de cotre). Les formes pointues des

extrémités firent place à des formes plates.

 

Cette photo des années 1920 montre trois gabares amarrées au

quai de Bourgogne à Bordeaux. Elles portent leurs voiles serrées

: foc sur l'étai frappé sur l'extrémité du bout-dehors et misaine

sur le mât. Le grand panneau de cale derrière le mât est fermé

avec des planches recouvertes d'un prélart. On trouve toujours la

barre franche, Quelques futailles sont parquées sur le quai. Leur

trafic, à cette époque, se limite aux nombreux petits ports aux

vins de l'estuaire de la Gironde et il se fait entièrement à la voile.

 (Buisson, PP17 p 7)

4.

La gabare du Dropt (affluent de la Dordogne) était une grande barque, à quille, plus arrondie et plus ventrue que le courau. Cles

dimensions types étaient les suivantes : longueur de 15 m à 20 m, tirant d'eau de 0,70 à 0,80 m (du fait de la quille), jusqu'à 25 tonnes à pleine

charge. Les plus grandes atteignaient 3.50 m de large au fond, 5,50 m de large aux bords, bords à 1,75 m au-dessus du fond. Dans les années 1880 -

1890, bien après l'âge d'or de la navigation du Drot, on ne comptait plus que 5 à 10 gabarres et 10 à 20 couraux en service.

          5.

 Les gabares charentaises, basées à Saint-Simon, se signalaient par leur pavois haut, un fond plat et deux mâts rabattables. Certaines

dans le Pertuis atteignaient 32 m de long et 6 m de large. Les dernières n'avaient qu'un mât gréé en sloop et étaient remorquées sur le fleuve. Celles

de Port d'Envaux naviguaient exclusivement sur les canaux charentais et possédaient une coque à fond plat construite à clins. En1467 à la Rochelle,

elles faisaient 20 à 30 tx. Grâce à leur fond plat, elles servaient d'allège aux gros vaisseaux. L'étrave est quasi verticale et les bordés l'y rejoignent, la

poupe carrée. Propulsées uniquement à la perche avec 3 hommes d'équipage. Il existait des gabares un peu plus grandes capables de faire du

fluvio-maritmes comme aller à Bordeaux par exemple.

 (Boëll - les gabares de la Rance in CM10, 1984)

 

6.

Les gabares de l'Adour mesuraient de 15 à 17 m pour un 

port de 10 à 15 tx, selon JB Bailac (1827).

gabare de l’Adour à Bayonne

7.

 Les gabares de la Rance (appelées encore véro) avaient un

mât sur l'avant avec foc et taille-vent au tiers à chutes avant et arrière

parallèles et verticales. Elles ravitaillèrent jusqu'en 1945 les habitants

de Saint-Malo en bois de chauffage.

8.         Les gabares d'Iroise à deux mâts servaient à la fois au

transport et à la pêche. Elles étaient souvent gréées en "dundee".

Certaines sont encore visibles, mais le moteur a remplacé la voile

3           Signalons enfin que la Marine Nationale attribue encore

de nos jours le nom de gabare à des bâtiments de servitude poseurs

de filets ou de balises. En 1988, on distinguait même les gabares de

mer des gabares de rade. Elles n'ont évidement plus la moindre

voilure.

dans les textes - "Gabarres, sont des vaisseaux plats par dessous, & forts de bord, qui servent à la pesche & resistent à la mer. " (Dassié1677). 
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